Vendre un bien immobilier en France n’est plus aussi facile

Sur un marché immobilier moins dynamique qu’au cours des années précédentes, certains propriétaires immobiliers peinent à trouver acquéreur. Des prix qui refusent de baisser, des taux d’intérêt en hausse et des réglementations contraignantes, surtout sur le plan énergétique, freinent les ventes.

Des vendeurs frileux face à des acquéreurs qui négocient davantage

À la frilosité des vendeurs et aux exigences accrues des acheteurs s’ajoutent, du côté de ces derniers, les problèmes de financement.

Important

Plutôt que de « brader leur propriété », beaucoup préfèrent attendre un éventuel retournement du marché, tout en reconnaissant que les perspectives sont peu réjouissantes.

De nombreux Français cherchent à céder leur maison pour acheter plus petit, changer de région, etc. Mais plusieurs mois, voire plus d’une année après la mise en ligne de leur annonce, certains n’ont reçu aucune offre. Pour d’autres, les rares propositions obtenues se font à un prix nettement inférieur à celui demandé. Un prix négocié que les vendeurs ne sont pas disposés à accepter.

Les acquéreurs négocient davantage sur différents points :

  • les défauts,
  • une mauvaise exposition,
  • une ouverture directe sur la rue pour les appartements en rez-de-chaussée,
  • la performance énergétique.

À propos de ce dernier point, la réglementation sur les passoires thermiques en France métropolitaine pourrait également peser sur les prix. En effet, depuis le 1er janvier 2023,

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Les logements qui affichent une consommation annuelle d’électricité supérieure à 450 kilowattheures par mètre carré sont interdits à la location.

La restriction relative à l’efficacité énergétique va s’étendre progressivement aux autres classes de biens :

  • 2025 pour ceux notés G,
  • 2028 pour la classe F,
  • 2034 pour les habitations étiquetées E.

Compte tenu de la cherté de l’énergie, les Français sont de plus en plus exigeants sur cet aspect. Mais force est de constater que même sur les biens qui nécessitent des travaux de rénovation importants, la baisse des prix se fait attendre. Les professionnels déplorent d’ailleurs le retard des vendeurs à répercuter cette dépense.

Des vendeurs frileux face à des acquéreurs qui négocient davantage

À la frilosité des vendeurs et aux exigences accrues des acheteurs s’ajoutent, du côté de ces derniers, les problèmes de financement.

En raison du resserrement de la politique monétaire de la Banque Centrale européenne (BCE), les taux d’intérêt des crédits immobiliers sont remontés après des années de repli continu. En parallèle, les taux d’usure, qui plafonnent les taux appliqués par les banques aux prêts pour les particuliers restent relativement bas. De nombreux acquéreurs se retrouvent ainsi exclus du marché.

Or, d’après Élodie Frémont, présidente de la commission Statistiques immobilières des Notaires du Grand Paris,

 » Les estimations des vendeurs sont souvent décalées par rapport aux réalités du marché. « 

En effet, la tendance en matière de prix de la pierre est à la stagnation, voire à la baisse dans certains secteurs, comme en Île-de-France.

L’ajustement des prix ajouté à l’attentisme des acheteurs, et aux négociations, entraine des délais plus importants. Les agents immobiliers annoncent des délais allongés de quelques jours entre la publication d’une annonce et la signature d’un compromis de vente.

A RETENIR

  • Les vendeurs de biens immobiliers rechignent à baisser les prix.
  • Les acquéreurs négocient davantage, notamment sur la question de la performance énergétique.
  • Les délais de vente s’allongent de quelques jours.
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